ZAO WOU-KI ou l’admirable « symphonie » chromatique
“Riche de près de huitante œuvres, l’exposition Zao Wou-Ki propose une magnifique rétrospective du travail du peintre français d’origine chinoise né en 1921 et décédé en 2013, à l’âge de 93 ans, à Nyon, dans le canton de Vaud (CH).
Zao Wou-Ki se plaisait à affirmer «Je veux peindre ce qui ne se voit pas.» En effet, peu à peu, au fil des tableaux, les motifs se dissolvent progressivement dans la couleur; ils cèdent la place à des lignes et des signes dont bientôt la trace s’estompe, insaisissables tels des mirages.
Cet attrait pour l’abstraction apparaît comme une impérieuse nécessité chez ce scrutateur passionné de l’intangible, qui parvient à imposer une vision à la fois immatérielle et dense dans ses «symphonies» chromatiques, source infinie d’émotion. Avec la précieuse collaboration de la Fondation Zao Wou-Ki, la Fondation Pierre Gianadda présente une cinquantaine d’huiles sur toile et une trentaine d’œuvres sur papier (encres de Chine et aquarelles) parmi lesquelles d’exceptionnels ensembles monumentaux. Des premières peintures figuratives de jeunesse aux imposants polyptyques de la maturité, l’exposition révèle les différentes étapes du parcours pictural et l’inépuisable créativité d’un artiste toujours prêt à de nouvelles audaces.
Une majorité d’œuvres provenant de collections particulières européennes et asiatiques ainsi que de prêts de grands musées (Centre Georges Pompidou, Paris; Musée cantonal des beaux-arts, Lausanne) offrent un regard renouvelé sur son univers au langage universel.
«Peindre, peindre. Toujours peindre. Encore peindre. Le mieux possible, le vide et le plein, le léger et le dense, le vivant et le souffle», déclare Zao Wou-Ki, peintre des forces élémentaires et des étendues mouvantes.
Son art offre une confrontation avec le mystère de la nature aux échanges tumultueux (nuées, vagues déchaînées, reliefs balayés de lumières…).
Alliant avec virtuosité les savoir-faire oriental et occidental, il nourrit un harmonieux dialogue entre ces cultures lointaines et parvient à nous emporter dans de subtils et merveilleux tourbillons de sensations au sein de ses espaces océaniques ou célestes.”
Julia Hountou , “Edito”, Zao Wou-Ki, Supplément du Nouvelliste
A l’occasion de l’exposition Zao Wou-Ki, à la Fondation Pierre Gianadda, 04 déc. 2015 - 12 juin 2016.