Ferdinand Hodler, L’Eiger, le Mönch et la Jungfrau au-dessus de la mer de brouillard, 1908, huile sur toile, 67.5 x 91 cm.
LIZ TASA - SUBLIME EFFROI
Exposition photo
Après trois mois de résidence à la Villa Ruffieux à Sierre (CH), Liz Tasa, photographe péruvienne, présente sa perception de la montagne à travers les contes et légendes du Valais, à l’occasion de l’exposition Sublime effroi. Entre rêves et cauchemars, l’univers artistique de Liz Tasa nous plonge dans une vision duale de la montagne qui met en lumière nos peurs ancestrales.
Curatrice : Julia Hountou
Une exposition dans le cadre du programme SMArt, en partenariat avec le Château Mercier, Sierre (CH) et la Fondation pour le développement durable des régions de montagne - FDDM
22.11. - 08.12.2019. Vernissage : 21.11.2019, 18h, Espace d'exposition Max Huber 10 : Rue Max Huber, 10 - 3960 Sierre (CH)
Vue de l’exposition
VUES DE L’EXPOSITION





Exposition Liz Tasa - Sublime effroi, Galería El Ojo Ajeno, Centro de la imagen, Pérou, 06 mars - 04 avril 2020 : Infos
MEDIATION CULTURELLE
SOIREE VISITE GUIDEE ET PERFORMANCE SONORE, 30.11.2019, 18H
Cette soirée invite à pénétrer dans un univers sonore et visuel énigmatique par le biais d’une balade accompagnée au cœur de l’exposition de Liz Tasa. L’association du Chant des Lieux propose de découvrir les photographies de l’artiste péruvienne, casques audio sur les oreilles, en se laissant porter par le chant d’E. Vuissoz et les percussions de D. Métrailler. Ensuite, une visite guidée de la curatrice, Julia Hountou, expliquera le cheminement artistique de Liz Tasa lors de son séjour.
Delphine Schacher, Petite robe de fête, 2013. Courtesy artiste
SARAH CARP & DELPHINE SCHACHER - EN RÉSONANCE
EXPOSITION EN RÉSONANCE, SARAH CARP ET DELPHINE SCHACHER, JUSQU’AU 07 FÉVRIER 2020, GALERIE DU THÉÂTRE DU CROCHETAN, MONTHEY (SUISSE)
PAR JULIA HOUNTOU CURATRICE DE L’EXPOSITION
À la croisée du reportage et de la mise en scène, l’univers poétique de Sarah Carp et Delphine Schacher dépeint la singulière beauté des êtres humains en lien avec la quiétude de la nature. Partant de l’intime, elles élaborent des narrations photographiques atemporelles propres à toucher chacun de nous. À travers leurs images au caractère pictural manifeste et teintées d’une suave mélancolie, elles parviennent à saisir avec une grande délicatesse les émotions qui passent sur un visage, la particularité des corps ou la douceur de la lumière. Travaillant toujours à la clarté naturelle, elles cherchent toutes deux dans le quotidien le plus simple le moment où quelque chose de mystérieux paraît susceptible d’advenir.
Entrer « en résonance » signifie se sentir touché, affecté voire bouleversé par autrui, un paysage, un éclairage, une atmosphère… Ce phénomène implique la qualité de notre rapport au monde selon différents niveaux de connexions possibles : avec l’autre, avec des objets et détails incongrus… avec la vie et l’environnement en tant que tel, grâce à une capacité d’écoute, d’attention, de respect, d’empathie… autant de prédispositions dont sont pourvues les deux photographes.
Sur le mode du dialogue et de la réciprocité, l’exposition fait entrer en résonance les images des deux artistes : la série Roots de Sarah Carp et Petite robe de fête de Delphine Schacher. Totalement mêlés au point de se confondre, leurs clichés dénotent leur aptitude à se laisser interpeller semblablement par le monde. Au-delà des similitudes de style ou de forme, notons leur manière commune d’approcher les modèles et les paysages, selon une démarche intimiste et contemplative. Leur parenté esthétique est manifeste. Leur exigence artistique, leurs thèmes de prédilection et leurs procédés techniques (photographies en argentique1) dialoguent harmonieusement ; elles traitent ainsi d’intimité, d’enfance, d’innocence, de fragilité, de simplicité, de ruralité, d’attente, de nostalgie, de mémoire, de racines, de filiation, d’absence…
Toutes deux sensibles aux infimes détails du décor ou aux indices révélateurs de la nature humaine, elles se muent en témoins sensibles de ce qu’elles observent. À l’affût de la poésie du quotidien, elles privilégient souvent les éléments incongrus qui constituent la richesse de l’existence, par le biais de séries qui combinent les portraits aux scènes d’extérieur et d’intérieur (chambres, mobilier…), magnifiant la vivacité des « petits riens » qui s’intensifie sous leur regard. Si elles aiment saisir les instants sur le vif, leurs clichés sont composés de façon réfléchie tout en restant ouverts à la fugacité d’une atmosphère, aux événements insolites susceptibles de surgir.
Tels des petits contes
L’accrochage des photographies par groupes restreints ou séquences crée divers récits propices à la rêverie, semblables à de petites saynètes. Le mélange des genres qui constitue leurs univers photographiques respectifs leur permet de raconter différentes histoires qui varient selon leurs associations. Tel un puzzle d’émotions et d’ambiances lumineuses, leurs courtes narrations se composent et se décomposent au gré de leur sensibilité, tout en laissant place aux regardeurs qui peuvent à leur tour élaborer leurs propres scénarii selon leurs perceptions et interprétations personnelles.
Dans le sillage familial
Si Sarah Carp – en quête de ses racines – se rend à plusieurs reprises à Glendarragh (la Vallée des Chênes) entre 2003 et 2012 en Irlande, à trente kilomètres au sud de Dublin, Delphine Schacher séjourne à deux reprises en Transylvanie en 2011 et, en automne 2012, à Bradut, petit village de minorité hongroise pour réaliser sa série. Touchée par le récit de voyage de son père qui s’y était rendu en 1991 après la chute du régime Ceausescu pour fêter le jumelage de leur commune avec un village roumain, elle s’intéresse à la Roumanie depuis son enfance. « C’était la première fois que mon père voyageait si loin, et la première fois que je l’ai vu pleurer, ému par ces gens et leurs conditions de vie difficiles » explique-t-elle. Grâce à la photographie, elle décide de partir sur les traces de son père. Pourvue d’une collection iconographique que ce dernier avait rapportée de son voyage, elle recherche les villages et les gens qui y figuraient afin de les photographier à nouveau vingt ans après.C’est ainsi qu’elle rencontre les jeunes filles présentes sur les images de Petite robe de fête. Frappée par leur grâce et leur délicate douceur nichées au cœur des étendues agrestes, elle les photographie patiemment.
D’origine irlandaise, la grand-mère de Sarah Carp, décédée en 1999, a vécu en Irlande quelques années avant d’immigrer en Suisse. C’est naturellement au travers de sa pratique que la photographe a cherché à s’imprégner de son histoire, alors qu’elle lui a transmis sa passion pour l’art. Au fil de ce parcours sentimental, elle observe son entourage immédiat tout en dépeignant une Irlande rurale sur le déclin.
Toutes deux attentives aux décors domestiques, Sarah Carp et Delphine Schacher saisissent des photographies encadrées ou fixées au mur, reflets de ce que fut la vie de sa famille (pour Sarah) ou celle des modèles (pour Delphine). Témoins du passé, les souvenirs ensevelis remontent ainsi à la surface. Telles des invitations à rouvrir un album photo, des carnets de notes, ou à relire des correspondances, leurs photographies nous convient tout en subtilité à faire appel aux souvenirs personnels. De même, leur regard se pose sur quelques objets familiers – importants stimuli mémoriels – qui matérialisent des fragments de vie passée.
Introspections poétiques
Proches et modèles portraiturés par les photographes paraissent absorbés dans d’insaisissables pensées. On les retrouve, de profil, de dos, tête baissée, occupés à quelque tâche simple. Peu d’entre eux nous regardent ; et lorsqu’ils nous font face, ils ferment souvent les yeux ou portent un regard las sur ce qui les entoure. L’inclinaison du visage et les paupières mi-closes traduisent une certaine mélancolie. En captant ces diverses émotions, Sarah Carp et Delphine Schacher sondent les mouvements de l’âme. À travers leurs portraits, elles tentent de faire surgir la réalité psychique, intérieure de leurs modèles. Particulièrement sensibles à ces instants de vérité où les masques tombent, elles semblent mettre à nu leurs sujets en les révélant dans toute leur humanité, leur humilité, leur profondeur ou leur vulnérabilité.
Privilégiant l’introspection au fil d’un voyage intérieur poétique, les deux photographes extraient du quotidien, par petites touches sensibles, des moments intimes et essentiels, et leur confèrent une dimension universelle.
1 Sarah Carp travaille le plus possible en argentique, avec un vieux Rolleiflex. Delphine Schacher quant à elle, a utilisé un appareil argentique moyen format : Mamyia 6×7.
Extrait du texte de Julia Hountou, docteure en histoire de l’art
Galerie du Théâtre du Crochetan : infos
Sarah Carp
Née à Zurich en 1981. Diplômée de l’Ecole de photographie de Vevey. Mère de deux petites filles, elle vit et travaille principalement en Suisse. Sarah Carp
Delphine Schacher
Née à Nyon en 1981. Diplômée de l’Ecole de Photographie de Vevey. Delphine Schacher
PRESSE
Consulter le dossier de presse de l’exposition
Julia Hountou, “En résonance - Sarah Carp et Delphine Schacher “, Revue Point contemporain
Texte de Jean-Paul Gavard-Perret à lire sur le blog du 24heures : Ici
Réponses Photo
Alberto Giacometti (1901 – 1966), Homme qui marche II, 1960. Plâtre, 188,5 x 29,1 x 111,2 cm. Fondation Giacometti, Paris. Photo : © Succession Giacometti, 2019, ProLitteris Zurich.
A droite : Auguste Rodin (1840 – 1917), L’Homme qui marche, grand modèle, 1907. Plâtre, 219 x 160 x 73,5 cm Musée Rodin, Paris. Photo : © Musée Rodin –Hervé Lewandowski.
RODIN GIACOMETTI - FONDATION PIERRE GIANADDA
Julia Hountou, “Edito”, Cahier du Nouvelliste du 25 juin 2019 (Tirage : 73 500 exemplaires)
Julia Hountou, “Deux démarches artistiques profondément novatrices”, présentation de l’exposition sur le site de la Fondation Pierre Gianadda : voir ici
Wenhuan Shao, Galaxy Box n°6, Mixed media - photography programmed LED
WENHUAN SHAO - THE SOFTEN THE GLOW
Invité en Suisse dans le cadre du programme SMART de la Fondation pour le Développement Durable des Régions de Montagne (FDDM), l’artiste chinois Wenhuan Shao (né en 1971 à Hetian, il vit à Hangzhou) a séjourné durant trois mois en Valais lors d’une résidence au Château de Monthey (Suisse).
Après plusieurs semaines d'observation des sommets valaisans, Wenhuan Shao présente sa perspective du paysage alpin à travers son exposition The soften the glow. L'artiste chinois fait le choix d'exposer son travail principalement sur des photos grand format et des "caissons lumineux". Il intervient également sur les images avec des techniques spéciales afin de donner une dimension picturale à son travail. Les images surdimensionnées permettent d’une part de souligner l'impression de force et de puissance de la montagne, alors que les interventions volontaires suggèrent d’autre part la " fragilité " du monde, comme le réchauffement climatique et les catastrophes naturelles.
Curatrice : Julia Hountou
En collaboration avec SMARt et le Théâtre du Crochetan (CH)
Exposition : 19 avril - 12 mai 2019. Vernissage : jeudi 18 avril, 18h
Le programme SMArt est mis en place par la Fondation pour le développement durable des régions de montagne (FDDM), en partenariat avec le Théâtre du Crochetan (curatrice : Julia Hountou)
Wenhuan Shao, Matterhorn
Wenhuan Shao, Peaks
Wenhuan Shao, Le glacier d’Aletsch
Wenhuan Shao, The glow
Wenhuan Shao, Galaxy Box n°8, 2019. Mixed media (photography programmed LED Lightbox),13 x 20 cm.
PRESSE
JULIA HOUNTOU - CURATRICE DE L’EXPOSITION - PRESENTE L’UNIVERS DE WENHUAN SHAO SUR RADIO CHABLAIS : ici
VUES DE L’EXPOSITION
Vues de l’exposition
Le Nouvelliste
CONSULTER LE DOSSIER DE PRESSE : PDF
EXPOSITION EN CHINE - Three Shadows Photography Art Center, Beijing
Paul Gauguin, La petite rêve. Etude, 1881. Huile sur toile, 59,7 x 74 cm. Coll. Ordrupgaard, Copenhague.